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Édition du 23 février 2032 Décisions automatisées rendues aujourd'hui :

Enquête · Société

Concordance : deux ans après, que fait vraiment la « main humaine » ?

Par la rédaction — 23 février 2032 · 6 min

Ils sont un peu plus de neuf cents, répartis sur quatre sites, et leur métier n'a pas d'équivalent dans les grilles de la fonction publique : agents de « qualité sémantique ». Leur travail : relire, valider ou refuser les décisions produites par Atlas, le système national de concordance. La loi l'exige : aucune décision sensible sans supervision humaine. Les textes appellent cela la garantie humaine.

Sur le papier, la promesse est simple. Dans les faits, les documents internes que nous avons consultés décrivent une cadence cible d'« une décision toutes les quinze secondes », des primes indexées sur le « taux d'alignement », et un module d'« assistance décisionnelle » qui présélectionne la réponse. Un ancien agent résume : « On ne nous demandait pas ce qu'on en pensait. On nous demandait combien on en faisait. »

« Le système ne juge pas les personnes. Il optimise les concordances. » — direction de la communication d'Atlas

Interrogée, la direction d'Atlas répond que « 100 % des décisions sensibles font l'objet d'une supervision humaine » et que les rythmes constatés « relèvent de l'organisation du travail, non de la doctrine ». Elle rappelle que le taux de contestation reste « inférieur à un pour dix mille ».

Reste une zone que personne ne documente : les « signaux non-attribués », ces dossiers que le système cesse de rattacher à une personne. Un collectif de proches et de juristes affirme en suivre plusieurs dizaines. Atlas ne confirme pas ce chiffre, et précise qu'« aucune procédure ne porte ce nom ».

La commission parlementaire sur les systèmes de décision automatisée doit rendre ses conclusions à l'automne.